Histoire de la mine

1768, Le début de l’exploitation du charbon à Messeix
L’exploitation du charbon remonte à un rapport de 1768 dans lequel on parle d’un champ d’exploitation situé près de Bogros, exploité par des paysans au lieu-dit Chomadoux. Le charbon extrait est alors vendu aux fours à chaux voisins et aux maréchaux-ferrants. Le 23 novembre 1831, une ordonnance royale accorde à M. Sablon Jean-Baptiste uneconcession de mine de houille de 1 118 hectares, située dans les communes de Messeix, Singles et Avèze (Puy-de-Dôme). Cette concession a pour but de permettre l’exploitation d’un gisement reconnu par des affleurements dans les vallées de la Clidane au nord, et de la Dordogne au sud. En 1848, M. Sablon établit un puits situé à 1 200 m à l’ouest du hameau de Bogros, et il exploite pendant quelques mois une couche très inclinée. Les galeries sont noyées par l’invasion des eaux. Il cède alors la concession à la Société en commandite par actions Charles Vazeille et Cie. Les nouveaux propriétaires creusent le puits Saint-Charles. Ils achètent à la même époque le pré Chalamel (le Port-Sec actuel), et finissent par y établir le centre de leur exploitation.

 

1880 Le puits Sainte Suzanne
Vers 1879-1880, grâce au passage de la ligne de chemin de fer de Clermont-Ferrand à Tulle dans la vallée de la Clidane, qui va permettre l’expédition du charbon dans cette vallée, un nouveau puits est creusé afin d’explorer plus profondément le gisement de houille. Ce puits aura le nom de puits Sainte Suzanne qui, par malchance, rencontre une zone failleuse. Il sera fermé en 1930.

1898 La crise avec la Grande Bretagne, suite aux évènements Soudanais de Fachoda, entraîne l’arrêt des importations de charbon anglais en France. L’accroissement des cours du charbon qui en résulte permet alors à la Mine de réaliser de substantiels bénéfices. L’argent obtenu est d’abord investit dans le creusement et l’équipement du Puits Teyras de Granval au lieu dit « Les Gannes », en plein centre de la concession et du gisement houiller supposé.

Des investissements Industriels et sociaux efficaces. Vers 1900-1905, la Direction de l’ Exploitation décide l’électrification de tous les services de la Mine afin de disposer au jour comme au fond d’une source d’énergie souple et facilement utilisable.Une centrale électrique à moteurs à gaz pauvre est alors construite à côté du Puits Teyras. Le personnel n’est pas oublié . En ces temps de paternalisme et de main d’œuvre volatile, 28 logements sont construits pour les mineurs à côté du Puits Teyras, tandis qu’une nouvelle cité de 21 maisons est construite au nord de Messeix en 1907-1908.

D’autres cités de mineurs sont construites : les cités des Gannes 707 habitants et de Bogros 612 habitants avec leurs services, leurs écoles, leurs commerçants. À trois kilomètres, tournant le dos aux installations minières, s’édifie en 1912-1913 la cité de Messeix.

1915-1931 : le développement de la mine
La guerre de 1914, avec ses exigences nouvelles, oblige à pousser l’extraction au-delà des limites prévues. On crée la cité des Gannes et d’autres logements. En 1923, on entreprend le nouveau Siège Saint-Louis, en dehors de la cuvette houillère. Le puits est mis en service en 1928. Les effectifs de la mine passent de 1915 à 1926 de 400 à 800 personnes pour atteindre 980 en 1931. La production de 120 000 tonnes par an qui s’écoule par des galeries débouchant sur l’usine de traitement située le long de la voie ferrée. On charge le charbon lavé, transformé en boulets dans des wagons acheminés dans les lieux d’utilisation. Malgré des conditions de travail difficiles, l’absence de grisou prévient les catastrophes, les mineurs peuvent fumer au fond et utiliser leur lampe à acétylène à flamme nue.

1923 : Le puits Saint-Louis

  • naissance du puits Saint Louis

Puis on fore le puits Saint-Louis à trois cent vingt-neuf mètres de profondeur, en activité de 1928 à 1988 sans interruption. Les petites maisons individuelles de la cité de Messeix, à proximité du puits Saint-Louis, s’ouvrent sur la nature de la montagne auvergnate et sur le bourg qui compte de nombreux cafés restaurants, huit commerces d’alimentation, quatre bouchers, trois boulangers, trois cabinets médicaux, trois coiffeurs, une ambiance villageoise que ne troublent pas les stigmates de la mine. Celle-ci est à trois kilomètres sur l’autre versant de la haute colline.
.1946 : Nationalisation des Houillères du Bassin d’Auvergne
Après la guerre en 1946, les mines deviennent propriété de l’État et les houillères de Messeix deviennent alors l’exploitation de Messeix des Houillères du Bassin d’Auvergne. La nationalisation des Charbonnages de France est officialisée par trois décrets successifs des 28 juin, 17 juillet et 16 septembre 1946. Le gisement de Messeix fait partie du « Grand sillon houiller du Plateau central français » qui va de Decize à Decazeville. Le statut des mineurs assure une forte augmentation de leurs salaires, rémunérations garanties par l’article 12 du statut. Le 27 novembre 1946 est créé le régime spécial de la sécurité sociale dans les mines

1988 : Fermeture des mines
Malgré ces investissements successifs, la fermeture du dernier puits, le puits Saint-Louis, est fixée au 1er janvier 1975. Elle est repoussée jusqu’en 1988 mais en 1984, les effectifs ne sont plus que de 200 et les pertes ne font que s’accroître au fur et à mesure des années. Depuis l’annonce de la fermeture de l’exploitation minière intervenue en juillet 1988, le nombre d’habitants a régressé d’année en année passant en trente ans de 3 249 en 1968 à 1 361 en 1998. Après la fièvre de la mine pendant un siècle et demi dans une France où la population a considérablement augmenté depuis, le village préserve sous la végétation de sa riche terre volcanique, la nostalgie d’un passé ouvrier qui l’a marqué. De toutes les installations de la région, il ne subsiste aujourd’hui qu’une partie du carreau du puits Saint-Louis à Messeix : chevalement, bâtiment de la machine d’extraction, recette (détruite puis reconstruite après la fermeture de la mine lors de la transformation en musée), ateliers, bâtiments des vestiaires/bains-douches. Du matériel lourd (compresseurs, convertisseurs et commutatrices électriques…) a pu être récupéré lors de la démolition de certains bâtiments et réinstallé au niveau de la recette du puits Saint-Louis. L’association « Minérail » gère le musée et propose des visites guidées de ce site du patrimoine industriel auvergnat.